Mardi 17 mai 2011 2 17 /05 /Mai /2011 22:13

Parfois, j’ai l’impression d’être l’amalgame du narcissisme et de la prétention. Mais lorsque je vois les autres, que je les entends, ou plutôt que je les écoute, je me dis qu’en fait, je suis pleine d’une humilité qui se sous-estime.

Peut-être que je suis cruelle, hypocrite ou…

Finalement, je cache trop bien la part sombre de moi pour que l’on puisse me deviner. J’adore être aimée. J’aime aimer aussi.

Pourquoi est-ce un jeu ? Je n’ai pas de regrets, j’aime ce que je fais. Et quand je ne l’aime pas, alors au moins, je l’assume.

Je déteste qu’on me dicte ma conduite. Je suis libre, indépendante, il n’y a que mon corps qui m’entrave. Tout le reste, personne ne le possède. Je suis toute à moi. Je ne m’abandonne à personne, et je me clos. Pourtant, je suis très ouverte. J’ouvre le faux, je vous donne ce dont vous avez besoin sans toujours me soucier de vous. Vous brûlez ce que je vous fabrique en papier-mâché.

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Parfois, j’en viens presque à vous mépriser. Vous vous sentez ridiculement vivant et important. Je trouve bien plus intéressant de se sentir heureux. Si vous vous voyiez, nous pourrions rire de vous ensemble. Pâles copies d’autres.

Je prendrais pourtant tellement de plaisir à vous rencontrer pour de vrai. Je suis sûre que quelque part vous existez.

Je bous de colère amusée lorsque vous essayez de me tromper. Je vous console en mots, et vous insulte en geste. Je vous méprise, mais vous m’attendrissez.

Quelle violence.   

 

Parfois, j’aimerai immoler le préfabriqué de vos façades pour voir le noir de vos vraies vies. Vous êtes de véritables monstres en réalité, et je me félicite de le savoir. Si vous saviez à quel point je vous hais, vous ne me laisseriez plus vous aimer. Pauvres bougres, diminués, affamés de moi. Je vous adopte, je vous dévore, et je ne laisse au sol que vos os blanchis de nos disputes à sens unique.

 

Apprendre à insulter d’amour.

Comptez pour moi.

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Lundi 28 mars 2011 1 28 /03 /Mars /2011 10:53

Jue.jpgMa tête est un putain de gruyère. Trouée de partout, noirs. Faites vos jeux.

J’en ai marre de cette putain de douleur, j’en ai marre de ma putain de vie.

Mon corps m’obéit au moins autant que mon cœur.

J’ai plus le droit de marcher droit. De marcher debout.

Rampe ma grande, rampe.

Oh, le sol, je le connais, je déborde dessus comme de la cire chaude. Et j’y sèche, oui.

 

J’ai envie de m’énerver, d’envoyer tous mes problèmes à la gueule de quelqu’un d’autre, de quelqu’un qui ne le mérite pas, choisi au hasard, pour réparer la justice, pour partager l’injustice.

Rugir.

Tout lancer en l’air et ne rien rattraper, regarder en bas, sous mes pieds, s’écraser les vestiges de ce qui me fait.

J’ai mal partout à l’intérieur. Je ne veux plus de l’intérieur. Comme une enveloppe vite, seulement un nom, une adresse, le rabat déchiré au presse-purée.

Ce n’est même plus fort. J’veux dire, moi et ce que je suis, ce que je ressens. J’exploserai bien un coup, mais au fond, je n’ai même pas l’énergie pour le faire. Ma vie est pleine de vide, de blanc. S’en détachent les morceaux importants, ils rejoignent l’idole.

Charabia des nerfs, de la peau, des muscles et des os. Faire la liaison, pour la poésie.

« Baratin » du Pelletier. Le rose inhabituel des mots, des faux vers.

 

J’ai envie d’avoir envie. Moi aussi je veux mon refrain, moi aussi j’en veux une qui suit son cours, mais c’est trop vain n’est-ce pas ? Pourquoi (ce fataliste) « moi » ?

Je pense que le soleil m’aime, que l’herbe m’aime, que le vent m’aime, qu’ils m’attendent même. Mais ils ne savent pas que moi, je ne reviendrai pas.

Tous les yeux me narguent.

J’envie vos problèmes.

Je suis bien bas, je m’en contente, mais c’est parce que j’y suis obligée.

 

Exutoire.

Exil, au point de.

 

Sauvez.

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Mardi 22 février 2011 2 22 /02 /Fév /2011 03:10

J’ai cette espèce de chose en moi, qui gonfle et qui se tort.

Ou plutôt ces espèces de choses. Les bonnes, les mauvaises, l’envie de lancer des couteaux et celle d’en recevoir.

C’est à la fois du réchauffé et du nouveau, parce que je souffre et je suis heureuse ; pas pour les mêmes choses, évidemment.

 

Ces dernières semaines ont été éprouvantes, et j’ai de plus en plus de mal à voir le monde. J’veux dire, je ne sais plus où je suis et pourquoi. J’ai l’impression d’être vieille, si vieille que la mort ne serait pas si injuste. Bien sûr, je n’ai pas envie de mourir, j’ai envie de vivre de toutes mes forces, seulement je n’ai pas vingt ans, et déjà j’ai l’impression que ma vie est entre parenthèses, ne plus vivre je crois.

Ma notion du jour et des nuits s’emballe et n’est plus réaliste, j’ai besoin de repères, mais je n’en trouve nulle part, ils n’ont pas vraiment envie de m’aider.

 

J’ai besoin de me dire que j’ai un avenir, que ma vie sera belle plus tard, que ma vie sera vraie un jour, que je n’aurais plus l’impression. Je veux vivre.

Je cours après les sensations, ivresse de tout. Je m’inflige d’autres douleurs que la mienne, pour me prouver qu’elles existent.

J’agis comme si je n’étais plus moi, comme si une autre personne me contrôlait. Médicaments, et tout ce qu’ils impliquent. Ais-je raison de m’oublier ? J’essaye de me retrouver, je vous assure. J’essaye de retrouver les marques qui faisaient que j’étais moi. Cheveux, athébas, bracelets. Petites choses superficielles et caractéristiques.

 

J’ai du bonheur pourtant. J’ai la joie d’avoir quelqu’un, de ne pas avoir n’importe qui, de ne plus avoir n’importe qui. Quelqu’un qui a de l’importance, vous savez. Qui me permet d’être importante et presque utile. Est-ce que ça suffit ? C’est déjà beaucoup, et j’ai de la chance. C’est comme un morceau de vie.

 

Mais malgré tout, même moi m’entrave par rapport à ça. J’ai tellement mal. J’en ai tellement marre d’être une vieille femme sans souvenir du plus tard. Je voudrai « vivre l’instant présent ». Non, ce dont j’ai vraiment envie, je crois, c’est de partir avec mon vélo dans « ma » nature, dans la forêt auprès de l’arbre et de l’herbe, sur un banc abandonné à moitié recouvert de lierre, seule ou non (mais avec quelqu’un que j’aime). Y passer la nuit peut-être même. Sur une couverture qui ne serait pas humide, devant un feu amicale, avec de quoi faire. Tu vois. Sans prendre de photo, juste pour fabriquer des souvenirs sans autres preuves que les marques de l’émotion.

 

Ma nouvelle folie me rend meurtrière, accentue mes penchants sordides pour le… Je devrais me contrôler, mais hélas, je me détruis et j’y prendrai presque plaisir si je le pouvais. Je regrette, je m’en veux, mais finalement, je le fais quand même, en sachant pertinemment que cette recherche est ridicule, que cette nouvelle douleur est totalement incohérente, et surtout inutile, mais j’ai comme un besoin. Pour faire parler de moi ? Je ne veux faire de mal à personne d’autre qu’à moi-même. Pardonnez-moi.

 

Ma chance et ma vie, c’est vous (et toi).

 

Yaque.

 

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Lundi 31 janvier 2011 1 31 /01 /Jan /2011 23:39

Ces moments de félicité, musicaux.

Où tout pourrait être possible, où tout va bien.

A moitié dans l'air et dans le temps. Tout arrêté.

J'en veux, j'en veux encore, j'en veux à n'en plus finir, délicieuse déléctation de l'infini des minutes.

Rien ne peut s'arrêter, tout est immortel, moi aussi.

Les mots roulent dans ma tête et ma bouche comme des morceaux de caramels épistolaires.

Epître d'une vie et d'un coeur. Tout est un. Unicité de la vie, ma vie.

Quelques charpies impénétrables de sentiments enclavés.

L'envie de te tutoyer devant une tasse de café, sans le boire.

Ces élans, ces moments, cet a...

Oui, les mots n'en finissent plus d'être lettres, même à demi prononcés ils sont invincibles en chacun.

Les phrases s'achent. Sache-le dans ma tête.

Le tu du destinataire n'a pas de nom, mais se le revendique.

Il sait. Je crois.

Il, tu, toi. Tutoies encore moi. Tue toi pas. Tues moi.

Gardes-moi au fond de toi, des s pour des pluriels, elles.

Sois-moi, être tienne en un sens.

Raisonne-moi comme tu me résonne, plus belle, beau, des homonymies naturelles.

Langage, langue, bouche, vapeur sensorielle, surnaturelle.

Rien n'existe, n'est-ce pas. Tu es faux. Illusion de mes sens tout en entier.

T'être entièrement dédiée, entièrement tienne. Territoire ? Limitrophe, strophe.

Se balader entre les demi-mots de mon aphone. Voix. Toi.

Tais-toi et parle. A moi, de moi, pour moi, sois mien encore et encore.

Te serrer, âme bienveillante, te serrer dans mon coeur, dans mes bras. T'étouffer, te tuer ? Non.

Liberté. Long temps. Court. Cours, cours-moi, joues-moi, a(.)-moi.

Tous ces symboles, ces caractères en friche de fougère, panses-moi, pense moi.

Adorable sensation, cratères intemporels, infinis, délicieux encore, en moi.

Moi. Moi, toujours. Vivre pour soi, sans mentir, mais toi. Mets-toi sur.

Moi.

Oh, ces chansons. Les mots qui chantent une voix, voies qui tremblent.

Moi aussi, moi aussi, moi aussi. J'en tremble aussi, je te tremble aussi.

Regaine, rengaine, re gaine. Ternaire, trouble, fugitif.

Tu fuis, peut-être, être fort aise de t'être. Tête. Rythme d'ambiance.

Ah oui, c'est vrai, contraire toi. Contradiction paradoxale, de la transe.

Sûre, presque, d'avoir tu. Et. Quel pouvoir évanescent, qui nous transcende.

Descendre de la dune, lune. Une. Je veux être une. Hein, qui ?

La réponse, est "oui", et oui. Ouïr à deux. Deux ou trois, quatre. Quatre. Quatre.

Roules-moi, sous, sur, sûr. Toi. Oui. Milles oui.

Chlore, clore, clôt.

Voilà, c'est ça.

C'est moi.

Moi.

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Jeudi 27 janvier 2011 4 27 /01 /Jan /2011 18:38

commun.jpgMuse coupable et assassine.

Et nourricière, hélas.

Les accents de son sang se reprennent

Devraient pourtant vibrer plutôt que sans.

Ses longues tresses endeuillées

Encadrent le si charmant autel de son sourire.

Sans demander ni pourquoi, ni quand.

Il la regarde, ses yeux se brisent

Et dans le jour de la nuit il la croit.

Wagons de sucre, elle se caramélise.

De givre pourtant. Glaciale et repue.

Muse nourrie de son poète

Tuée à coup de génie dans l'épaule.

Transhumance des sens.

« Qu'as-tu de cette lenteur qui me paralyse ? »

Encore, toujours Candice.

Les pays se crèvent sous ses cheveux

Et elle est la mer de tous les cieux.

Rien ni personne, pour elle.

Sombre mélancolie que chacun s’importune

Ivre toujours mais de l’air qu’il respire.

Tout communique, d’une bouchée

Circule le sang et meurent les temps.

Pour telle encre, il se tue,

Brise d’un son une éternelle goutte,

N’en revenant qu’en prenant son temps,

Le sien, plus le leur, trop pressés d’en finir.

L’ombre de la lunette sur la lune

Joue avec les mots qu’elle torture.

C’est illisible, incompréhensible,

Comme le sentiment qui court sur le sable.

Que la morosité m'épargne, qu'elle tranche

                                                                                                    La tête de mes sobres compagnons,

                                                                                                    Que la Folie ne comprend.

 

 

Ne pas chercher à être comprise, ni même à tout dire. La compréhension n'a pas l'échelle du devoir. Et l'être s'enflamme lorsqu'il brûle trop loin. Voilà.

 

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