Parfois, j’ai l’impression d’être l’amalgame du narcissisme et de la prétention. Mais lorsque je vois les autres, que je les entends, ou plutôt que je les écoute, je me dis qu’en fait, je suis pleine d’une humilité qui se sous-estime.
Peut-être que je suis cruelle, hypocrite ou…
Finalement, je cache trop bien la part sombre de moi pour que l’on puisse me deviner. J’adore être aimée. J’aime aimer aussi.
Pourquoi est-ce un jeu ? Je n’ai pas de regrets, j’aime ce que je fais. Et quand je ne l’aime pas, alors au moins, je l’assume.
Je déteste qu’on me dicte ma conduite. Je suis libre, indépendante, il n’y a que mon corps qui m’entrave. Tout le reste, personne ne le possède. Je suis toute à moi. Je ne m’abandonne à personne, et je me clos. Pourtant, je suis très ouverte. J’ouvre le faux, je vous donne ce dont vous avez besoin sans toujours me soucier de vous. Vous brûlez ce que je vous fabrique en papier-mâché.
Parfois, j’en viens presque à vous mépriser. Vous vous sentez ridiculement vivant et important. Je trouve bien plus intéressant de se sentir heureux. Si vous vous voyiez, nous pourrions rire de vous ensemble. Pâles copies d’autres.
Je prendrais pourtant tellement de plaisir à vous rencontrer pour de vrai. Je suis sûre que quelque part vous existez.
Je bous de colère amusée lorsque vous essayez de me tromper. Je vous console en mots, et vous insulte en geste. Je vous méprise, mais vous m’attendrissez.
Quelle violence.
Parfois, j’aimerai immoler le préfabriqué de vos façades pour voir le noir de vos vraies vies. Vous êtes de véritables monstres en réalité, et je me félicite de le savoir. Si vous saviez à quel point je vous hais, vous ne me laisseriez plus vous aimer. Pauvres bougres, diminués, affamés de moi. Je vous adopte, je vous dévore, et je ne laisse au sol que vos os blanchis de nos disputes à sens unique.
Apprendre à insulter d’amour.
Comptez pour moi.
Ma tête est un putain de
gruyère. Trouée de partout, noirs. Faites vos jeux.